4-2 L’écolo-guide : des idées pour un quartier plus écologique

COUVERTURE

Hélène Le Breton travaille sur le quartier de Maurepas à Rennes (France), un quartier parmi les plus « sensibles », comme pédagogue de rue au GRPAS (groupe rennais de pédagogie et d’animation sociale). Le GRPAS définit sa pédagogie sociale comme un « travail hors les murs », basé sur différents principes tels que la pédagogie de l’expérience, la pédagogie en lien avec le territoire… ici, pour un public précaire. L’objectif de l’association est ainsi de valoriser les compétences et les savoirs de chacun.

Au sein du quartier de Maurepas, entre 80 et 100 enfants participent régulièrement aux activités du GRPAS. Chaque pédagogue de rue intervient sur une des classes de l’école se situant au centre du quartier, en proposant des activités de découverte de la ville, toujours en dehors du temps scolaire. Une des particularité de la démarche du GRPAS est la proximité, les pédagogues vont chercher les enfants inscrits à une activité, chez eux, à la maison et ils les ramènent chez eux, une fois l’activité finie.

En 2006, un projet nouveau a germé autour des thématiques environnementales. Ce projet répondait à un double constat : les personnes du quartier de Maurepas sont apparemment éloignées des problématiques environnementales et pourtant elles sont tout autant concernées, le second constat concernait les enfants : ils sont nombreux à ne pas partir en vacances et quitter leur quartier, il y avait un fort besoin de partir sur des activités plus longues, sur plusieurs jours.

C’est comme ça que plusieurs petits groupes de deux à trois enfants sont partis lors de week-end à la découverte d’acteurs environnementaux bretons, des associations ou des particuliers. Entre avril 2006 et mars 2007, trente enfants sont partis en week-end de découverte : avec l’association Roulotte Infos sur la construction de toilettes sèches, avec l’association Bretagne Vivante sur le thème des mares, chez un apiculteur… avec une participation de quatre euros par week-end et par enfant. Ce projet a pu se réaliser grâce à un financement européen lié au développement local du quartier et le partenariat de la ville de Rennes.

Les enfants ont joué au reporter photo ou au journaliste pour réaliser un « écologuide », mémoire de leur aventure ! Ce guide illustre bien évidemment leurs rencontres et les thèmes des week-ends : l’alimentation, le transport alternatif, la biodiversité, l’habitat sain, les déchets… mais il est aussi tourné vers l’avenir.

Comment réutiliser et réintégrer ses expériences au sein du quartier ?

Après une présentation à l’école de Maurepas du guide, le GRPAS a proposé aux enfants des futurs projets : un livre de recettes, un pédibus, la construction de nichoirs à insectes, un atelier de réparation des vélos, un compost collectif… ces projets ont été soumis à un vote organisé en fin d’après-midi à l’école, avec les urnes et isoloirs de la ville de Rennes ; un moment fort pour les enfants. Sur les 180 enfants de l’école, 150 sont venus voter, en majorité pour le projet de création d’un atelier mobile de réparation de vélos (venaient ensuite le pédibus et le livre de recettes). L’atelier de réparation a alors été mis en place avec l’objectif que les enfants puissent apprendre à réparer leur vélo. Suivra la mise en place d’un pédibus et la réalisation d’un livre de recettes après des réunions déjà commencées avec les familles et maraîchers locaux sur le thème « qu’est-ce que je peux faire comme recettes à telle saison ? ».

Qu’est-ce que l’on peut retenir de ce projet ?

L’écriture de l’écologuide a été un long travail, pas toujours facile pour donner un ton à l’ensemble, bien définir à qui on s’adresse, pour écrire ensemble, mais également dans le graphisme, le choix de l’imprimeur… pour toutes ses étapes les enfants ont participé. Une autre difficulté a été d’éviter la culpabilisation autour de ceux qui ne trient pas leurs déchets, tout en abordant de front le sujet. Le bilan fait aussi apparaître une forte mobilisation et une implication concrète des familles et des enfants.

Aujourd’hui, l’association souhaite poursuivre son travail et ses réflexions sur le lien entre environnement et personnes en situation de précarité.

Maryline Lair, REEB

  1. Aucun commentaire pour l'instant

  1. Aucun trackback pour l'instant