GPAS | Groupe de Pédagogie et d'Animation Sociale

LA PEDAGOGIE SOCIALE
La notion de pédagogie sociale est fondée sur le constat d’un lien étroit entre l’éducation de l’enfant et la société dans laquelle il vit.
Chaque pédagogue, qu’il soit parent, animateur, éducateur ou tout simplement citoyen impliqué dans la vie de sa commune, de son quartier, a sur l’enfant un projet éducatif qui se réfère consciemment ou non à un projet de société.
Considérations générales

La pédagogie évolue dans le temps en fonction de l’histoire sociale, culturelle et économique et donc en fonction de la société.
Dans les années 50, des activités spécifiques comme la couture étaient prévues pour les filles afin de les préparer à leur futur rôle de femmes. Les garçons étaient invités plutôt à des activités manuelles comme la menuiserie.
Il ne viendrait aujourd’hui à personne l’idée d’une telle séparation.
Mais cela signifie aussi que la pédagogie a pour vocation de faire évoluer certains aspects qui dans la société ne sont plus acceptables.
La pédagogie ne peut ainsi admettre que des enfants et leur famille vivent en dessous du seuil de pauvreté, qu’un enfant dans le monde meurt de faim tous les 7 secondes, que les trois premières entreprises mondiales ont un chiffre d’affaires supérieur au PIB des 57 pays les plus pauvres du monde, que la pollution menace l’existence même de notre planète. (Sources : FAO, ONU).
C’est pourquoi chaque pédagogue, qui doit s’interroger sur son projet éducatif et donc sur la société, peut avoir à cœur de former l’enfant à la solidarité, à la fraternité, à la citoyenneté, à la sensibilisation aux questions fondamentales en jeu dans le monde contemporain.

La pédagogie sociale au GPAS

Les GPAS depuis leur création en 1980 se sont attachés à préciser les contours de ce que peut être concrètement une pédagogie sociale.

Plusieurs axes sont privilégiés :

- la pédagogie sociale est une pédagogie de l’expérience : il ne s’agit pas de faire des discours, fussent-ils humanistes, à des enfants mais au contraire de construire pour eux et avec eux des dispositifs qui leur permettent concrètement de voir la réalité dans sa complexité et aussi d’agir à leur échelle, c’est-à-dire là où ils vivent.
- la pédagogie n’a pas de méthodes spécifiques reproductibles partout. Au contraire, elle est fonction des territoires, de la situation sociale des enfants et de leur famille, de leur histoire, des contextes économiques et culturels singuliers.

Le site que l’on vous invite à parcourir montre l’infinité des possibles et la richesse des projets et des initiatives des jeunes et des enfants. On y trouve toutefois quelques invariants :

- Le territoire d’intervention détermine le projet. Les idées sont liées aux contextes qui les produisent et les dynamisent. L’animation enfance-jeunesse procède du développement local.

- Les enfants, les jeunes et les familles sont en grande difficulté sociale. Et parfois, comme dans certains quartiers de Pologne, ils sont en situation de survie et d’urgence. Mais chaque fois, les projets se basent sur la mise en valeur de leurs compétences, de leur savoir-faire, de leur capacité.

Cette dynamique est essentielle car elle oblige le pédagogue à voir dans toute personne et notamment dans l’enfant un être en devenir qui peut agir pour modifier ses conditions d’existences. Elle est valeur d’exemple pour la société, qui doit admettre pour ces enfants le droit à la santé, à l’éducation à la non-discrimination…
L’approche ethnographique en éducation est essentielle. Elle a pour conséquence d’intervenir à partir des lieux de vie des enfants (espaces publics, appartements, rues, cours, porches). Cela demande au pédagogue d’être formé à cette démarche qui passe par l’implication des acteurs liés à la vie de l’enfant (famille, voisinage, institution).

Les projets ou les initiatives s’expriment toujours hors les murs : les enfants ne sont pas accueillis dans des locaux pour réaliser des activités. Ils parcourent au contraire la ville, utilisent les transports en commun, les vélos, vont à la découverte des innombrables ressources culturelles, sportives et sociales auxquelles ils ne pourraient accéder sans la médiation de pédagogues. Il s’agit de participer à la formation sociale de l’enfant en l’aidant à grandir et à exercer son esprit critique et ses capacités de discernement.
Les projets parfois importants pour améliorer la vie ordinaire (comme par exemple le gîte pour l’accueil solidaire à Guissény) se font toujours sur la base d’une dynamique sociale ou la cogestion et la recherche participative sont des axes majeurs du travail pédagogique.

Avec des références permanentes au travail coopératif, à la mutualisation des compétences, au partage des ressources individuelles et collectives, à la formation continue et à la vie associative, les GPAS s’inscrivent naturellement dans la tradition et la filiation de l’éducation populaire.